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Secteur 3 (II)

La rue Dong Xuan

Devant le marché Dong Xuan se trouvait un large terrain devenu par la suite le carrefour des deux lignes de tramway Lac Hoan Kiem – Marché Buoi et Marché Buoi – Lac Hoan Kiem. On y croisait de nombreux commerçants de riz, de céréales, d’où le nom “rue du riz” à l’époque coloniale. Le nom “rue Dong Xuan”, du nom d’un ancien hameau, a fait son apparition après 1945.

Cette rue est longue de 170m et était attenant au marché Dong Xuan. On y trouve a actuellement de nombreux magasins de vêtements et de ballons…

Le marché Dong Xuan résulte de la fusion des deux anciens marchés Cau Dong et Bach Ma (pont de l’Est et Cheval Blanc) vers la fin du XIXème siècle. En plus d’être un lieu de commerce, il est devenu une preuve vivante de la vie spirituelle et culturelle des Hanoïens d’antan.

Le marché Dong Xuan a été construit en 1889 par les Français qui avaient auparavant remblayé un cours d’eau de la rivière To Lich qui communiquait avec le Fleuve rouge, puis détruit deux anciens marchés. Le nom Dong Xuan s’explique par le fait que ce marché se trouvait dans le canton du même nom. À ses débuts, il s’agissait d’un marché sommaire, un simple bâtiment à cloisons en bambou.

En 1890, les autorités françaises ont fait construire le marché Dong Xuan, une architecture à cinq arcades et cinq galeries couvertes longues de 52m et hautes de 19m. La façade est de style français, composée de cinq structures triangulaires percées comme les alvéoles d’une ruche et couvertes de tôles. Autrefois, le marché était comparé à 1’ “estomac” de Hanoï, car les produits de toutes les régions y convergeaient.

Après que les Français ont fait construire le pont Long Bien, le commerce y a connu un développement vigoureux car situé au croisement de voies terrestres, fluviales et ferroviaires. Les activités du marché Dong Xuan ont donc gagné en ampleur d’une année sur l’autre au point de devenir le lieu de rendez-vous des Hanoïens et des visiteurs.

Lors de la résistance nationale qui a éclaté en décembre 1946, le marché Dong Xuan a été le théâtre de nombreux combats acharnés, dont ceux du 14 février opposant les forces d’autodéfense de Hanoï et les légionnaires français. Beaucoup de combattants de la garde d’autodéfense y sont tombés. En 2005, à l’occasion du 995ème anniversaire de Thang Long – Hanoï, la ville a fait ériger un monument en mémoire des morts des combats de l’hiver 1946 près du marché Dong Xuan.

En 1994, un incendie a quasiment réduit en cendres le marché Dong Xuan. Il a été reconstruit tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le marché nocturne de Dong Xuan a été créé en 2003 dans le cadre du circuit touristique “Voie piétonne rue Hang Dao – Marché Dong Xuan”. Il s’agit entre autres d’une suite de stands allant du bord du lac de l’Épée restituée jusqu’au marché Dong Xuan, attirant de nombreux visiteurs. Par ailleurs, de riches activités culturelles folkloriques comme le chant xam – le chant par des malvoyants, le chant quan ho, etc. animent le marché nocturne.

La rue Hang Giây (rue des papiers)

Cette rue est longue de plus de 270m. Avant 1915, elle n’avait pas de trottoirs et la chaussée était faite de débris de briques. À cette période- la, elle avait encore l’air d’une rue secondaire où des chaumières se mêlaient aux maisons aux murs en briques et au toit de tôle. Les maisons avec mansarde étaient de style classique à double toiture. L’alignement des maisons était aléatoire. Elles étaient habitées par de petits fonctionnaires ou des employés du service de la justice qui menaient une vie modeste et discrète. Il existait très peu de grands magasins. Certaines boutiques vendaient des feuilles de papiers dont celles du papier gio, stylos, plumes, et certaines autres confectionnaient des bonbons ou vendaient des plantes médicinales.

A partir de 1925, de nouvelles maisons de style européen à étages, plus larges et élevées ont fait leur apparition dans la rue. Certaines riches familles de commerçants s’y sont installées. En 1938, l’imposant hôtel Hoa Nam a été construit (qui est après devenu le cinéma Bac Do maintenant fermé). À l’heure actuelle, on y trouve toute une variété de petits commerces : magasins de vêtements, bureaux de tabac etc.

Secteur 3

La rue Hang Chieu

Sur un axe droit partant de la rue Dong Xuan et passant devant la porte Dong Ha (appelée souvent “Porte Quan Chuong”, il a existé autrefois deux rues différentes : à l’extérieur de la porte, c’était la rue des nattes en jonc appelée à l’heure actuelle “rue O Quan Chuong” (rue de la Porte Quan Chuong) ; à l’intérieur, c’était la rue Jean Dupuis, connue aussi sous le nom plus populaire de “rue Moi” (rue nouvelle), qui est l’actuelle rue Hang Chieu (rue des nattes en jonc) ; cette dernière est longue de 280m.

Les commerces de nattes de jonc ont été peu à peu déplacés vers l’actuelle rue Hang Chieu. Aujourd’hui, cette rue conserve toujours ce commerce de différents types de nattes (nattes de jonc, nattes en plastique, nattes en bambou…), et aussi d’autres produits puisquelle est située près du marché Dong Xuan.

La rue O Quan Chuong (rue de la Porte Quan Chuong)

C’est une rue très courte, à peine longue de 75m, qui relie la Porte Quan Chuong et la rue Tran Nhat Duat. Elle est peu fréquentée par rapport aux autres rues du vieux quartier. On y trouve une dizaine de maisons qui vendent une quantité restreinte de produits.

La porte Quan Chuong

C’est l’une des 21 portes de la vieille citadelle de Thang Long. Elle a été construite en 1749, soit la dixième année du règne de Canh Hung, et reconstruite en 1817, soit la troisième année du règne de Gia Long, et a su conserver jusqu’à aujourd’hui son style ancien.

La porte Quan Chuong conserve actuellement sa porte principale et ses deux portes secondaires latérales. On trouve sur le mur de la porte principale une plaque en pierre datant de 1882 sur laquelle sont inscrites des phrases rappelant aux gardiens de ne pas causer de tracasseries aux habitants. Au-dessus de la grande porte, on peut lire “Dong Ha Mon”, c’est-à-dire “Porte de Dong Ha”, qui était aussi le nom d’un quartier d’habitation sous la dynastie Lê et englobant Hang Chieu, Thanh Ha, Dao Duy Tu. O Quan Chuong (Porte Quan Chuong) est un autre nom donné à cette porte.

Il existe plus d’une hypothèse quant à l’origine du nom “Quan Chuong” :

1. Selon la première hypothèse, un chancelier en retraite a fait bâtir sa résidence près de là, d’où le nom de cette porte.

2. Selon la deuxième hypothèse, il y aurait eu un mandarin chef de garnison qui se chargeait de surveiller le passage à travers cette porte lors de la dynastie Lê. Tout propriétaire de bateau qui arrivait devait se présenter auprès de lui. Ainsi naquit le nom de cette porte.

3. Selon la troisième hypothèse, lors de la première offensive des troupes françaises contre la citadelle de Hanoï en 1873, un mandarin chef d’une unité de la garde royale y serait mort. Les habitants locaux ont ensuite appelé cette porte “Quan Chuong” en sa mémoire.

4. Une autre hypothèse fait savoir qu’un commerçant dont Quan était le nom et Chuong le prénom aurait apporté une contribution financière à la construction de cette porte et les habitants locaux l’ont ainsi baptisée en remerciement.

5. Néanmoins, ces quatre hypothèses ne se fondent sur aucun document authentique. C’est pourquoi, l’origine du nom de la porte Quan Chuong (O Quan Chuong) reste incertaine.

La rue Nguyen Thien Thuat

Le terrain derrière le marché Dong Xuan, entre les rues Hang Khoai et Hang Chieu, était autrefois un vaste terrain vague. C’est là que se trouvait un grand lac, le “lac Dong Xuan” avant d’être remblayé à la fin du XIXème siècle.

En 1892, l’entreprise de linge Bourgoin- Meiffre a obtenu l’autorisation de construire une usine de fils de coton appelée à l’époque “Usine Bac Qua” par les habitants locaux. En 1918, l’usine Bac Qua a fait l’objet d’une fusion, ses ateliers et son entrepôt ont été démollis et le terrain de nouveau à l’abandon. Lors des années 1920 et 1930, un mouvement d’entraînement physique et sportif gagnait en ampleur et le terrain vague Bac Qua est devenu le terrain d’entraînement et de compétition appelé “Stade Lepage”.

Il y a eu même un terrain de foot clôturé. Un chemin en terre qui passait devant le terrain de foot s’est formé pour devenir finalement la rue Lepage, c’est-à-dire l’actuelle rue Nguyen Thien Thuat. Cette rue est longue de 230m.

Secteur 2 (III)

La rue Ma May

Elle s’étend sur 268m. Autrefois, elle se divisait en deux rues, la rue Hang May (rue de la vannerie à proximité de la rue Hang Buom) et Hang Ma (rue des objets votifs à proximité de la rue Hang Bac). Le fusionnement de ces deux rues en une seule appelée Ma May remonte à une centaine d’années. À l’époque coloniale, elle était appelée “rue des Pavillons Noirs, car en 1882 une unité des troupes des Pavillons Noirs s’y installa lorsque les troupes françaises étaient encerclées à Don Thuy et dans la citadelle après la bataille à Cau Giay. Mais les Vietnamiens se sont habitués à l’appeler “rue Ma May”.

À l’heure actuelle, il y a encore plusieurs maisons traditionnelles qui cotoyent celles de style plus moderne.

La maison du numéro 87 Ma May

C’est une maison très représentative des maisons traditionnelles du vieux Hanoï.

Sa superficie mesure 157,6m2. Elle mesure 28m de profondeur. La façade avant mesure 5m de large contre 6m pour la façade arrière. Cette maison s’élargit donc vers l’arrière, et d’après la croyance, une telle forme apporte chance à ses occupants.

Son architecture est d’un style traditionnel que l’on retrouve chez beaucoup d’autres maisons dans le vieux quartier de Hanoï. Ce style est caractérisé par le schéma suivant :

Premier ensemble de pièces – Première cour – Deuxième ensemble de pièces – Deuxième cour – Cuisine – Troisième ensemble de pièces (toilettes et stock)

Dans les premières pièces, au rez-de-chaussée, se trouve l’espace de vente ; le premier étage est composé d’un salon et d’une pièce de culte.

Dans le deuxième “bloc” de pièces, le rez-de- chaussé comprend une pièce pour stocker des marchandises et une autre pour les serviteurs ; au premier étage, c’est la chambre du propriétaire avec une cour avant où l’on boit du thé ou joue aux dames chinoises et une cour arrière où l’on fait sécher des plantes médicinales.

Dans la troisième volée de pièces (au fond), se trouvent les toilettes et la pièce pour le stockage.

La maison située au 87 Ma May est très typique des maisons à double fonction (habitat et commerce) construites au début du XIXème siècle. Ces maisons donnent très souvent directement sur la rue pour favoriser le commerce. Par ailleurs, elles sont longues, avec plusieurs successions de pièces et de cours alternées pour permettre d’aérer et d’éclairer l’intérieur naturellement. Les façades sont décorées par des poutres de bois sculptées et d’autres éléments de décoration très spécifiques de l’époque comme les fenêtres coulissantes, les fenêtres lùa, les pignons à trois niveaux, les colonnes supportant le toit en briques, des éléments d’ornement des toitures etc…

La rue Ngo Gach (ruelle des briques)

C’est une rue qui tourne, longue de 130m seulement. Elle donne dans la rue Nguyen Sieu. Autrefois, ensemble avec la rue Nguyen Sieu, elle correspondait à un bras de la rivière To Lich qui a été remblayée en 1887. Au numéro 10 se trouve la vieille maison communale Thanh Ha.

Dans le passé, on y vendait essentiellement des matériaux de construction, d’où le nom Ngo Gach (ruelle des briques). À l’heure actuelle, il y a quelques boutiques vendant des maillots de bain, des serviettes… près de la rue Hang Duong et quelques autres vendant des objets en vannerie près de la rue Nguyen Sieu.

La rue Nguyen Van Sieu

A l’instar de la rue Ngo Gach, un côté de la rue Nguyen Van Sieu occupé par les maisons aux numéros impairs correspond à un bord de la rivière To Lich remblayée autrefois. Il subsiste ici des vestiges de la vieille maison communale Co Luong dans la ruelle numéro 28. Jadis, cette maison commune était assez grande. C’était d’ailleurs le lieu où les élèves de Nguyen Van Sieu se logaient et étudiaient.

On trouve dans cette rue de nouvelles maisons qui sont souvent élevées et larges. Il ne subsiste que peu de maisons basses de style ancien.

De nos jours, on y vend essentiellement du tabac.

Cette rue est longue de 180m.

Nguyen Van Sieu (1799 -1872)

Nguyen Van Sieu ou Ton Ban – nom de plume, ou Phuong Dinh comme pseudonyme, est originaire du village de Kim Lu – Thanh Tri – Hanoï (l’actuel quartier de Dai Kim – arrondissement de Hoang Mai – Hanoï). Diplômé à l’âge de 26 ans, il n’a pas pris ses fonctions. En 1838, il est devenu docteur à l’âge de 39 ans. Il a occupé plusieurs postes comme critique à lAcademie, ministre des rites, commentateur royal, mandarin lettré du cadre secondaire…

En 1854, il a demande a renoncer à la carrière mandarinale pour commencer sa vie de maître et écrire des livres. Il est resté attaché à Hanoï jusqu a sa mort. On lui doit la reconstruction du temple Ngoc Son – temple du Mont de Jade, et la construction de la Tour du Pinceau et du Portique de l’Écritoire, deux monuments célèbres pour leur architecture.

Durant sa vie, Nguyen Van Sieu a écrit de nombreux livres qui totalisaient plusieurs milliers de pages. Ses livres étaient écrits en chinois, portaient sur des domaines variés telles la littérature, la poésie, l’histoire, la géographie, la philosophie. Après sa mort, ses élèves en ont fait publier plusieurs dont Dia du chi, Chu su khao thich, Chu kinh khao uoc, Tu thu bi giang, Van ly tap, Phuong Dinh thi tap, Phuong dinh van loai etc… Le volume Du Dia Chi est un ouvrage de valeur, rassemblant quantité de connaissances sur la géographie, l’histoire des périodes précédant son époque. Mais en évoquant Nguyen Van Sieu, on pense surtout à son don pour la poésie qui lui a valu le surnom de Genie Sieu ami du génie Quat, c’est-à-dire Cao Ba Quat.

 

Secteur 2 (II)

La rue Hang Bac (rue de l’argent)

C’est l’une des plus vieilles rues de Hanoï qui remonte au XVIIIème siècle. Au XVIème siècle, il y existait un atelier de fonte de barres et de taels d’argent pour la Cour. (Actuellement, au numéro 58.) Les gens pratiquant les métiers de l’argent sont venus s’installer ici et y ont formé toute une corporation. Ils pratiquaient autrefois non seulement la fonderie de lingots et de taels en argent, mais ils fabriquaient encore des bijoux et offraient des services de change de monnaies. À l’époque coloniale, c’était la rue des changeurs. Bien que ces métiers se soient raréfiés après le transfert de la capitale vers Hue, on trouve toujours de nos jours dans cette rue plusieurs joailleries de part et d’autre de la rue. Par ailleurs, certaines maisons de style traditionnel aux numéros 47, 50, 37 et 31 donnent à cette rue un air désuet. On peut aussi visiter au numéro 42 la maison communale Kim Ngan où est vénéré le maître fondateur des métiers de l’argent et de l’or.

La rue Hang Bac est longue de 280m.

Le Théâtre Chuong Vang (Cloche d’Or)

Il fut construit à l’époque coloniale. À l’origine, il s’appelait théâtre Thang Long et accueillait des spectacles du théâtre populaire chèo et du théâtre classique tuông. Vers 1925, il est devenu une scène pour le théâtre rénové cai luong et il était ainsi appelé “Théâtre chanté rénové Cai Luong”. À une certaine époque, il était encore appelé Kim Chung (“cloche d’or” en chinois). Lors des premiers jours de la résistance nationale anti-française en 1946, les forces d’autodéfense y ont prononcé le serment “Résolu à sacrifier la vie pour la survie de la Patrie”.

De nos jours, avec une capacité de 250 places, ce théâtre accueille une troupe de cai luong – théâtre rénové de Hanoï. Par ailleurs, des spectacles folkloriques sur l’histoire du Vietnam y sont aussi proposés tous les samedis et dimanches soirs.

La rue Dao Duy Tu

Cette rue est longue de près de 300m. Autrefois, elle était connue pour le commerce du riz, avec de grands magasins chinois et vietnamiens.

On y distingue de nombreuses maisons hautes dont celles à deux ou à trois étages. Certaines maisons sont composées de plusieurs pièces comme celles des numéros 6 à 14 et conservent un style datant de l’époque coloniale.

Dao Duy Tu (1572-1634) fut un célèbre érudit vietnamien. Il fut également un stratège et un mandarin de prestige sous le règne du seigneur Nguyen Phuc Nguyen (1563-1635). Durant les quelque huit années passées au service du seigneur Nguyen, il a pu l’aider dans la construction des remparts Thày à Quang Binh pour fortifier la défense de la frontière septentrionale et édifier une armée puissante. Il a été considéré à juste titre comme le mandarin le plus méritant de la dynastie des Nguyen.

Il a en outre eu le mérite d’introduire le théâtre classique Tuông et d’autres chants et danses folkloriques traditionnels à la cour de la dynastie du Sud. Sous le règne des Nguyen, le théâtre classique Tuông a connu son essor. En particulier, sous le règne des rois Tu Duc et Thanh Thai de cette dynastie, le Tuông est devenu un art scénique à part entière à caractère savant, tant sur le plan de l’intrigue que celui de la mise en scène.

La rue Cho Gao (rue du marché au riz)

Cette rue, longue de 75m, était à l’origine une embouchure de l’ancienne rivière To Lich. Des commerçants de riz se rassemblaient régulièrement sur un terrain vague au bord de cette rivière. Après que les Français eurent remblayé la rivière, ils ont baptisé ce terrain vague “Place du commerce”. On y a même fait construire un pont couvert de tôles sans murs qui servait d’abri contre la pluie et le soleil.

Secteur 2

La rue Hang Duong

Elle constitue l’une des vieilles rues de la citadelle de Thang Long. De la dynastie Lê postérieure (1533-1788) jusqu’à celle des Nguyen (1802-1945), elle était spécialisée dans le commerce de produits à base de sucre et de miel ainsi que dans la fabrication de gâteaux et de bonbons. Elle est longue de 180 m.

Cette rue recèle également les vestiges d’anciens hameaux. Il s’agit de certains temples comme celui de Vinh Hanh au 19B (au deuxième étage), de celui Duc Mon au 38, dédié à Ngo Van Long (selon la légende, c’était un grand général sous le règne du dix-huitième roi Hùng). L’autel principal qui lui est dédié est placé dans la pagode Hàm Long dans la rue du même nom, à côté d’un autre autel dédié à Tran Thu Do (1194- 1264), premier dignitaire sous la dynastie Ly et homme politique hors du commun. Quant à la pagode Dong Mon, elle est appelée aussi “pagode Cau Dong” (pagode du pont de l’est) au numéro 38B et plusieurs stèles anciennes présentant l’emplacement et la construction de cette pagode y sont conservées. Il y a aussi une cloche sur laquelle est inscrite “Dong Mon Tu Chung” signifiant “la cloche de la pagode Dong Mon” fondue sous la dynastie Tay Son, en 1800.

On y vend de nos jours principalement une friandise locale appelée “<3 mai”. Ces friandises sont confectionnées essentiellement à base de fruits d’abricotiers, de pruniers, de tamariniers, de pêchers, de pancoviers, de kumquats, de caramboliers, de manguiers, de jaquiers… Avec un même fruit, on peut confectionner des friandises aux goûts très différents : acidulés, sucrés, pimentés, salés ou un mélange de toutes ces saveurs. Les boutiques Hong Lam au numéro 11, Tien Ihinh au numéro 21, Gia Loi au numéro 8 et Toan Thinh au numéro 15 figurent parmi les plus réputées.

La rue Hang Buom (rue des voiles)

On y vendait autrefois essentiellement des voiles pour bateaux. Les voiles étaient confectionnées en toile. De nombreux Chinois y habitaient, ce qui a donné naissance à plusieurs auberges et restaurants. À l’heure actuelle, on y trouve essentiellement des magasins vendant des gâteaux, des bonbons et des restaurants. La Maison culturelle de la ville se situe au numéro 88. Cette rue est longue de 300m.

Le temple de Bach Ma (temple du Cheval blanc)

Il se situe au numéro 76 rue Hang Buom. La légende veut qu’il remonte au XIXème siècle. C’est le lieu de culte de LongDo, un génie assurant jadis la défense de l’Est de la capitale de Thang Long.

Après le transfert de la capitale de Hoa Lu (Ninh Binh, sud de Hanoï) à Thang Long en 1010, le roi Ly Cong Uan a tenté en vain à plusieurs reprises d’achever la construction de la citadelle de “Ihang Long. Il a alors offert des sacrifices aux divinités afin d’obtenir de l’aide. Un matin, un cheval blanc est soudainement sorti du temple Long Do, a fait le tour de l’emplacement de la citadelle en construction, laissant des empreintes de sabots sur le sol, avant de disparaître dans le temple. Le roi Ly Cong Uan a fait construire la citadelle suivant ces empreintes et l’ouvrage a été achevé avec succès. Il a donc nommé le génie Long Do comme le génie tutélaire de la citadelle de Thang Long. Ce génie est depuis également appelé “génie du Cheval blanc”

La rue Hang Giay (rue des cordonniers)

Cette rue mesure plus de 200m de long. Elle était appelée “rue Lataste” à l’époque coloniale. Autrefois, c’était dans cette rue que les cordonniers originaires des trois villages de Truc Lam, Van Lam et Phong Lam du district de Gia Loc, dans la province de Hai Duong, pratiquaient leur métier. Ce sont eux qui ont fondé le hameau Hai Tuong (Hai signifie chaussure et Tuong veut dire ouvrier). Ces cordonniers ont fait ériger un temple dédié au maître fondateur de leur métier à l’endroit qui correspond actuellement au numéro 16, ruelle Hai Tuong.

La rue Hang Giay est très étroite. Elle est large de 5m seulement et il n’y a presque pas de trottoir. De nombreux commerces de gâteaux et de bonbons y sont concentrés de nos jours.

La rue Ta Hien

En évoquant le nom Ta Hien, on pense immédiatement à une rue très cosmopolite, animée en permanence par la présence nombreuse de touristes étrangers et de Hanoïens.

Les touristes étrangers, à leur arrivée à Hanoï, cherchent presque tout de suite cette rue. Et c’est aussi dans cette rue qu’ils reviennent après avoir visité le Vietnam, une dernière fois, avant leur vol retour. La raison en est simple : la quasi-totalité des activités de cette rue est tournée vers le tourisme et presque tout le monde ici vit du tourisme. En effet, on peut y trouver de nombreuses agences de voyages privées, des hôtels et des restaurants, des cyber cafés… qui répondent à tous les besoins des visiteurs.

La rue Ta Hien présente encore une valeur architecturale particulière. On reconnaît sur les façades des maisons un style oriental qui se mêle harmonieusement avec le style occidental. A cet égard, elle est comparable à une perle précieuse du vieux quartier. Elle abrite également des ruelles petites et étroites dont la renommée a gagné à une certaine époque toute la capitale. C’est la ruelle Quang Lac reliée à la Maison du théâtre classique du même nom qui est connue de nos jours sous le nom Ta Hien, la ruelle Sam Cong (qui était à l’époque coloniale fréquentée par les gens du milieu mondain), la ruelle Hai Tuong…

 

Secteur 1 (III)

La rue Nguyen Huu Huan

Cette rue est longue de 450m. Elle a changé de nom à plusieurs reprises : Be Thuong, Bac Ninh, rue du maréchal Pétain, Phan Thanh Gian. Quant au nom Nguyen Huu Huan, il existe depuis le rétablissement de la paix en 1954. C’est le nom d’un lettré patriote du Sud Vietnam. Nguyen Huu Huan a été le dirigeant d’une insurrection contre les colonialistes français à la fin du XIXème siècle. La rue Nguyen Huu Huan est assez large par rapport aux autres rues qui l’entourent. Elle est bordée de larges trottoirs sur lesquels sont plantés des arbres et de grandes et hautes maisons se trouvent sur ses deux côtés. Vers les années 1940, de nombreux commerces de blocs de bois, puis des boutiques de meubles en bois s’y sont installés vendant essentiellement des tables et des lits. Très souvent, ces boutiques vendaient des meubles achetés aux artisans de la banlieue de Hanoï. Il existe toujours de nos jours de magasins vendant des meubles en bois dans cette rue.

Le café Lâm – 60 rue Nguyen Huu Huan

C’est une maison simple et ancienne, au toit rouge. Elle est réputée à Hanoï pour les peintures de toutes tailles et de tous styles qui ornent ses murs et dont la plupart datent des années 1970 et sont signés Nguyen Sang, Van Cao, Bui Xuan Phai, des peintres de grande renommée au Vietnam

Ce café, selon son propriétaire, existe depuis 1950. À l’origine, c’était un commerce ambulant autour du parc Chi Linh à Hanoï. Ses clients étaient pour la plupart des fonctionnaires travaillant dans le quartier. Vers le milieu des années 50, le café s’est établi dans la rue Hang Voi – rue de la chaux. Très vite, ce café est devenu le lieu de rendez-vous d’intellectuels, d’élèves et d’étudiants. Plus tard, son propriétaire a acheté une maison dans la rue Nguyen Huu Huan et en a fait un nouveau café, qui était dans les années 1960 à 1980 le rendez-vous de nombreux écrivains et artistes comme Nguyen Tuan, Bui Xuan Phai, Nguyen Sang, Van Cao, To Ngoc Van…

Outre les fameuses peintures, ce café est encore connu par la qualité exceptionnelle de son café.

Actuellement, un deuxième café portant aussi le nom Lâm a été ouvert sur cette même rue, au numéro 91. Il est tenu par le fils du propriétaire du premier café et sa femme.

La rue Hang Tre

Cette rue est longue de 292m. Elle va de la rue Hang Mam (rue de la sauce de poisson) jusqu’à la rue Lo Su. Autrefois, elle longeait le bord du Fleuve rouge et cetait l’endroit où les bateaux transportant du bambou accostaient. Des commerces de bambou y florissaient, d’où l’appellation “Hang Tre” qui signifie “rue des magasins de bambou”. Au XIXème siècle, elle était appelée aussi “rue de magasins de fruits d’aréquier”, car on vendait à une extrémité de cette rue des fruits d’aréquier séchés. Après la Révolution d’août 1945, le nom Hang Tre a été officiellement attribué à cette rue.

Dans les années 1970-1980, on pratiquait dans la rue Hang Tre essentiellement la réparation de voitures et de motos. Ceux qui n’avaient pas de magasin exerçaient leur métier sur le trottoir.

La rue Hang Tre est aujourd’hui remplie de petits restaurants populaires de qualité à prix très abordables.

La rue Tran Quang Khai

Longue de 732m, elle longe la digue du Fleuve rouge et se prolonge dans la rue Tran Nhat Duat. À l’époque coloniale, c’était l’embarcadère Guillemoto. Son nom actuel existe depuis la Révolution d’août. La particularité de cette rue est quelle ne débute pas au numéro 1 comme toutes les autres rues, mais au numéro 158, comme prolongation de la rue Tran Nhat Duat.

Secteur 1 (II)

La rue Hang Dao

Dans le passé, c’était la rue des teinturiers et des marchands de soie. Les couleurs de teinture dominantes étaient le rouge, le rose, celles des fleurs de pêchers… Il existait il y a environ 200 ans une maison communale au numéro 38 où se tenait un marché de sous-vêtements en soie. À l’époque coloniale, elle était surtout la rue des soieries comme le the le linh1 2, le lua3… De nos jours, on y vend surtout des vêtements de toutes sortes.

Gaze (soie)

Tissu plutôt épais avec plusieurs fils verticaux, et donc plus serrés

Tissu moins épais, avec moins de fils verticaux

On peut aussi redécouvrir dans cette rue des maisons traditionnelles et celles construites au début du XXème siècle déjà influencées par le style occidental. La rue Hang Dao est longue de 260m.

Depuis 2006, le Comité populaire municipal de l’arrondissement de Hoan Kiem a décidé de créer une zone piétonne dans la rue Hang Dao lors du marché nocturne de Dong Xuan qui s’ouvre tous les vendredis, samedis et’dimanches soirs. Le marché nocturne de Dong Xuan propose principalement des spécialités de Hanoï. Cette activité est devenue de plus en plus attractive aux yeux des Hanoïens et des touristes.

La maison communale Dong Lac

La maison communale Dong Lac se situe au 38 rue Hang Dao. Selon les légendes et des documents écrits, cette maison communale est le lieu de culte de Cao Son (un génie qui assure la défense du territoire du Sud), de Linh Lang (un génie assurant la défense du territoire de l’Ouest), et de Long Do (un génie assurant la défense du territoire de l’Est). C’était aussi le lieu où se tenait autrefois, depuis la dynastie Lê au XVème siècle, un marché de lingerie en soie. Mais avec les vicissitudes de l’histoire, les guerres, la destruction de la nature, les interventions de l’être humain, elle a subi de graves dégradations. En 1941, une famille l’a fait reconstruire, en la transformant en une maison à étages, pour y habiter et commercer. En 1956, on en a fait un magasin d’état. En 2000, grâce à une coopération entre la ville de Hanoï et la ville de Toulouse, cette maison a été choisie pour être restaurée et protégée.

Actuellement, la maison du 38 rue Hang Dao est occupée par le siège du Comité de gestion du vieux quartier, tout en accueillant les visiteurs vietnamiens et étrangers.

La rue Hang Ngang

La rue Hang Ngang comptait jusqu’au XXème siècle de nombreuses boutiques de soieries appartenant aux Minh Huong (des Chinois sous la dynastie des Ming qui ont quitté la Chine pour le Vietnam à l’arrivée de la dynastie des Quing Chao). Elle était occupée à cette période par de grands commerçants de soieries, à citer par exemple la famille des Phan, des Minh Huong, celles vietnamiennes de Trinh Phuc Loi au numéro 7 et de Loi Quyen au 27. Les articles en soie de la plus belle qualité y étaient vendus (gâm, vdc, doan, nhiêu, sa tanh …). La rue Hang Ngang est aussi réputée pour des marques de chè tàu – un thé d’origine chinoise, comme Sinh Thai, Chinh Thai, Ninh Thai, Song Hy. On y découvre également des boutiques de médicaments de médecine orientale qui vendent des produits venant de Hong Kong, Shanghai, Singapour, Dê Ngan. Il existait également avant 1945 quelques magasins indiens.

La rue Hang Ngang, à l’heure actuelle, a beaucoup changé, pour devenir l’une des rues commerçantes les plus animées de Hanoï. C’est aussi l’une des rues où le mètre carré de terrain s’achète ou se loue à prix d’or.

La rue Hang Ngang a encore une maison reconnue patrimoine historique de la Révolution. Elle se situe au numéro 48. C’était la propriété de Trinh Phuc Loi. Ho Chi Minh est venu y habiter en 1945 lors des premiers jours suivant la Révolution d’août. C’est là aussi que Ho Chi Minh a rédigé la Déclaration d’indépendance. Les combats de 1946-1947 n’ont pas endommagé les bâtiments de cette rue, car les troupes françaises, sachant qu’il y avait des maisons chinoises, l’ont épargnée.

Cette rue mesure 150m de long.

La rue Hang Be

Cette rue est longue de 172m. Dans le passé, elle était bordée par le Fleuve rouge. Des radeaux transportant du bambou y accostaient en permanence, donnant lieu à un marché appelé Hang Be (marché des radeaux).

Dans les années 1920 et 1930, les boutiques de fruits d’aréquier frais et séchés représentaient presque la moitié des maisons de cette rue. Les grands commerces étaient Phuc Loi (au numéro 18) et Thinh Phat (au numéro 4). Il y a aussi dans cette rue, près du carrefour Cau Go, quelque quatre ou cinq maisons vendant de la peinture fraîche de Phu Tho. Quelque cinq autres maisons près du marché vendent des épices.

De nos jours, le profil de la rue Hang Be a beaucoup changé par rapport au passé. C’est une petite rue marchande où se mêlent des boutiques de vêtements neufs et d’occasion, d’autres vendant des nouilles molles et des grillades, d’autres encore de la vannerie ou de la céramique, ainsi que des vendeurs de tickets de loto ambulants.

Dans cette rue, l’ancien se mêle au moderne.

Secteur 1

La rue Cau Go (rue du pont de bois)

La rue du Pont de bois est longue de 250m. C’est une rue ancienne datant du XVème siècle. Le nom “Pont de bois” s’explique par le fait qu’il existait autrefois un pont traversant un petit cours d’eau et reliant deux lacs à savoir Thai Cuc (appelé aussi Hang Dao) qui a été remblayé par les Français pour y construire des bâtiments, et le lac Hoan Kiem. Avant l’arrivée des Français, cette une rue était spécialisée dans la restauration des étudiants. À l’époque coloniale, elle a été rebaptisée rue du Pont de bois. A l’époque, les maisons étaient de style classique, c’est-à-dire quelles n’étaient composées que d’un rez-de-chaussée et d’une mansarde.

À l’heure actuelle, il existe dans cette rue des magasins vendant des épingles à cheveux, des vêtements, des chaussures, du linge ainsi que quelques petits hôtels fréquentés par les touristes. Elle demeure de nos jours une rue gastronomique qui semble gagner de l’ampleur car elle se trouve juste à côté de la rue Dinh Liet que l’on fréquente pour ses plats traditionnels de Hanoï comme la soupe de nouilles molles, les gâteaux khûc (à base de pâte de riz gluant farcie de soja et de porc gras), les gâteaux già etc.

La rue Dinh Liet

Cette rue est longue de 175m. À l’époque coloniale, les Français l’ont baptisée “Rue 01 Endhal”. Après la Révolution d’août 1945, les Vietminh l’ont rebaptisée rue Dinh Liet. Dinh Liet était un haut mandarin de la dynastie Lê, au XVème siècle. Il était d’ailleurs neveu du roi Le Thai To. Cette rue communique avec la rue Hang Bac (rue de l’argent) à son extrémité nord et avec la rue Cau Go (pont de bois) à son extrémité sud. Il existe toujours de vieilles maisons de style classique dans deux ruelles près des deux extrémités de cette rue. On peut encore voir dans un coin près de la rue Hang Bac le mur de certaines maisons bien longues avec plusieurs pièces se succédant et une cour centrale. C’est le cas de la maison-jardin accessible par la porte arrière du numéro 6.

Actuellement, de nombreux petits hôtels, restaurants et cafés se succèdent sur ce tronçon. Mais la rue Dinh Liet est surtout réputée pour ses articles en laine. On y vend des pelotes de laine, mais aussi des vêtements, écharpes, chaussettes et des gants en laine, et ce toute l’année ! Cette rue est petite, mais son animation est comparable à celle des rues Hang Ngang et Hang Dao, car elle communique, grâce à la ruelle Gia Ngu, avec la rue la plus marchande de la capitale, mais aussi avec les rues Cau Go et Hang Bac. Dinh Liet compte encore parmi les rues de la mercerie du vieux quartier.

La rue Gia Ngu

Longue de 268m, cette rue relie la rue Hang Be et la rue Hang Dao. Il y a dans cette rue une vieille maison communale au numéro 50. À l’époque coloniale, elle s’appelait rue Tirant, du nom du maire de Hanoï en 1888. Malgré cela, le nom Gia Ngu demeurait populaire. C’est un mot sino-vietnamien qui signifie “marché aux poissons”. Après la Révolution d’août, ce nom est devenu officiel. La rue Gia Ngu propose surtout des vêtements pour enfants.

La rue Hang Dâu

Dans cette rue, on vendait autrefois des huiles végétales (d’arachide, de sésame et de coton…) utilisées pour cuisiner ou comme combustible. À l’époque coloniale, c’était la rue du Lac. Après la Révolution d’août, elle est devenue la rue Hang Dau (rue des huiles). Au numéro 47 se trouve aujourd’hui le siège du Service de la culture et de l’information de Hanoï. On y trouve maintenant surtout des chaussures fabriquées au Vietnam et en Chine.

La rue Ho Hoan Kiem

(rue du lac de l’Epée restituée)

Cette rue n’est longue que de 52m. Elle va de la rue Cau Go à la rue Dinh Tien Hoang.

Le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long.

Il se trouve au numéro 57B rue Dinh Tien Hoang, juste à côté du lac Hoan Kiem. L’art des marionnettes sur l’eau est une quintessence et une originalité de la civilisation du riz inondé des habitants du delta du Fleuve rouge. Des acteurs d’une habileté extraordinaire, debout derrière un rideau, de l’eau jusqu’aux genoux, actionnent des marionnettes en bois. C’est un art où l’eau joue un rôle majeur qui s’associe en harmonie avec beaucoup d’autres éléments comme les couleurs, les décors, les lumières… ce qui donne un air mythique et pittoresque, riche d’expressions au spectacle.

Le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long peut accueillir 250 spectateurs et affiche complet presque tous les jours et à toutes les séances. Il arrive que le théâtre accueille, en haute saison, sept tournées, et 1 800 spectateurs dont la plupart sont des étrangers curieux de découvrir les arts traditionnels du Vietnam.

 

DÉCOUVRONS ENSEMBLE LE VIEUX QUARTIER

Commençons ce circuit de découverte du vieux quartier des 36 corporations au lac Hoan Kiem – le lac de l’Epée restituée.

C’est un lac d’eau douce de 12 hectares se situant au cœur de Hanoï. Il y a six siècles, c’était encore un lit du Fleuve rouge. Son nom a été attribué à un arrondissement de la capitale, l’arrondissement de Hoan Kiem. Dans le passé, on l’appelait aussi “lac Luc Thuy ou de 1 Eau verte ”, car son eau était toute 1 année d une couleur émeraude. Le nouveau nom Hoan Kiem – “Épée restituée” remonte au XVeme siècle. Il est étroitement lié à la légende de la restitution par le roi Le Loi d’une épée magique au génie de la Tortue d’or.

Le lac Hoan Kiem, de par sa beauté, est devenu un site très célèbre de la capitale. Il est entouré d’innombrables arbres et fleurs d’espèces différentes. Une tour célébré, la Tour de la tortue, est érigée au centre du lac. Un îlot sur lequel se trouve le temple du Mont de Jade est accessible grâce à un joli pont rouge. Selon des sources historiques, un homme appelé lin Irai a fait ériger un petit temple sur lemplacement du palais Khânh Thuy pour vouer un culte à Quan Vu – un haut mandarin chinois sous la dynastie de Pinjfn, puis il y a aussi fait construire un autel dédié au général Tran Hung Dao – un général commandant la bataille contre les Mongols. En 1842, un autre autel dédié au génie taoïste Van Xuong présidant les affaires de la littérature y a été ajouté. Un peu plus tard, un génie taoïste appelé La To a également eu sa statue ici. Le nom officiel Ngoc Son – Mont de Jade remonte à 1843. Il est relié à la rive du lac grâce à un pont rouge baptisé Thé Hüc (qui signifie le lieu de capture de la lumière du soleil matinal) construit en 1885. Un ensemble architectural baptisé Tour du Pinceau et Portique de l’écritoire précède ce pont. La Tour du Pinceau est une tour à cinq étages, haute de 28 mètres. Elle a été construite en 1865 sur la montagne Doc Ton (appelée aussi Ngoc Boi). À son sommet se dresse une plume retournée haute de 90 centimètres. Une phrase signifiant “Écrire sur le ciel bleu” est gravée sur la tour, entre le premier et le troisième étage. Le portique de l’écritoire est un monument sur le sommet duquel sont posées trois grenouilles portant sur leur tête une écritoire en pierre prenant la forme d’une demi-pêche. Des pensées philosophiques sont gravées sur l’écritoire. Le pavillon de prévention contre les vagues présente une belle toiture à deux couches et huit combles. Il donne sur le lac et c’est l’endroit où l’on vient réciter des poèmes.

Le temple de la dame Kieu se trouve en face du temple du Mont de Jade. Son architecture a la forme de la lettre chinoise X avec trois parties, à savoir : l’édifice extérieur ou la maison d’encens, l’édifice du pavillon carré à deux étages avec quatre combles et un ensemble de trois pièces arrière lui donnant un air majestueux. Ce temple possède une collection d’objets de valeur culturelle et historique très variés dont des stèles en pierre, une cloche en bronze, un ensemble de 27 ordonnances royales datant des dynasties Lê, Tay Son, Nguyen (XVIIème au XIXème siècles).

Dans le parc Ly Thai To situé à côté du lac de l’Epée restituée, on remarque la statue en bronze du roi Ly Thai To, lourde de 14 tonnes et haute de 3,3 mètres. Des manifestations culturelles et artistiques y sont organisées à l’occasion des grands anniversaires de la capitale. Le bâtiment de la poste centrale et son ancienne tour de l’horloge se reflètent dans l’eau du lac. Quant à la tour en briques Hoà Phong, située à côté du lac, c’est le reste de la grande pagode Quan Thuong qui a été détruite lors de la construction de la poste.

Il existe toujours de nos jours dans ce lac une espèce rare de tortues. Un spécimen, long de 2m, est conservé dans le temple du Mont de Jade. L’animal, découvert mort en 1968, a été momifié grâce à une couche de peinture locale, placé dans la vitrine et présenté au public.

Le lac de l’Epée restituée est considéré comme un écrin de fleurs au cœur de Hanoï.

Découvrons maintenant le vieux quartier de Hanoï, en commençant par la place Dong Kinh Nghia Thuc.

La place Dong Kinh Nghia Thuc se situe sur le côté septentrional du lac de l’Epée restituée. Elle se trouve au carrefour des rues Hang Gai, Hang Dao, Cau Go, Dinh Tien Hoang et Le Thai To. Elle s’appelait à l’époque coloniale Place Négrier. Une fontaine se trouve en son centre. A l’époque coloniale, c’était un bassin en béton rond à deux étages avec un tapis d’herbe et un socle soutenant une horloge. Après la libération de la capitale, le bassin en béton a été réparé et modifié pour devenir la fontaine d’eau que l’on connaît à l’heure actuelle.

La place Dong Kinh Nghia Thuc est de nos jours l’une des places publiques principales où se tiennent des manifestations culturelles et artistiques lors des grands anniversaires du pays ou de la ville.

 

SON ESPACE ET SON RYTHME DE VIE 5

Après sa fondation, la capitale Thang Long est devenue un centre économique d’envergure nationale. Nombreux étaient les habitants qui ont quitté leur village, comme ceux du delta du Fleuve rouge et de la moyenne région du Nord pour venir s’établir dans la citadelle et faire du commerce ou exercer leurs métiers traditionnels. Dans la plupart des cas, lorsque les habitants d’un village maîtrisaient le métier traditionnel que leur maître fondateur leur avait enseigné, ils partaient ensemble pour la citadelle de Thang Long à une occasion opportune, soit pour faire de la sous-traitance, soit pour vendre leurs produits à une boutique au sein de la citadelle, soit pour ouvrir eux-mêmes leur propre atelier et pouvoir exercer leur métier. Au fur et à mesure, ces derniers ont été rejoints par d’autres personnes venues elles aussi de ces villages, et c’est ainsi que les nouvelles corporations voyaient le jour, se spécialisant dans la fabrication ou dans la vente d’un type particulier de produit. Les habitants de cette nouvelle corporation avaient donc en commun un même village d’origine.

Étant membres des communautés de hameaux et de quartiers, les artisans-commerçants de Thang Long – Hanoï ont donc renforcé leur cohésion sur des plans très divers : politico- administratif, socio-culturel et spirituel. En effet, dans un même hameau ou un même quartier d’habitation, ils offraient leur contribution financière pour la construction de pagodes ou de temples dédiés au génie tutélaire de leur village d’origine ou au maître-fondateur de leur corporation (ces temples portent un nom ou restent anonymes). Par exemple, la maison communale Kim Ngan située au 42 rue Hang Bac est le lieu de culte du maître fondateur des métiers de l’argent et de l’or. La maison communale lu Ui au 2A – ruelle Yen Thai est dédiée au culte du maître fondateur du métier de la broderie et a été construite par des habitants du village de la broderie de Quat Dong – district de Ibuong Tin – Hanoï. Les membres de ces communautés considéraient qu’ils partageaient non seulement un même métier, un même quartier, mais aussi une même terre natale et une même origine à honorer. Cela illustre parfaitement la maxime traditionnelle vietnamienne “Boire de leau sans oublier la source”.

D’autre part, l’existence des pagodes, maisons communales et temples est encore la preuve de la vie spirituelle des Hanoiens d antan. En effet, les Hanoiens vivent en harmonie avec la nature et la communauté sociale qui les entourent, mais aussi avec le monde spirituel. Le vieux quartier de Hanoï, outre son apparence faite de façades de jolies maisons-tubes et de rues animées, abrite encore, dans des coins plus modestes, des toitures charmantes de pagodes ou de temples, ce qui confère à ce quartier des îlots agréables et reposants… Cest aussi ce qui fait tout son charme aux yeux des voyageurs.

Les voyageurs à la recherche de calme seront certainement déçus à leur arrivée dans le vieux Hanoï. Mais avec peu d’efforts, ils pourront découvrir les particularités et les trésors de ce quartier. En effet, ce quartier abrite sur sa modeste superficie de 100 hectares tout un monde de contrastes. Il existe encore, au-delà de l’effervescence et de l’activité commerciale animée, des endroits uniques qui procurent au vieux quartier un caractère bien particulier et très différent du nouveau quartier aménagé de manière méthodique par les Français, avec ses rues plutôt larges, ses rangées d’arbres verdoyants ou ses villas bien espacées. Selon la pensée occidentale, le vieux Hanoï serait un concentré d irrationalités. Or, la plupart des irrationalités du vieux quartier de Hanoï en font son charme. Découvrons-les ensemble !

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